Le nouveau service vélôToulouse connaît un succès indéniable et nous nous en réjouissons. Mais ce succès s’accompagne aujourd’hui d’une dégradation notable de l’état des vélos, soulevant de sérieuses inquiétudes en matière de sécurité. Et les moyens mis sur la réparation ne sont pas à la hauteur.
Des vélos en mauvais état mis à disposition
De très nombreux usagères et usagers constatent quotidiennement, dans les stations, la présence de vélos en mauvais état : pneus fortement usés ou à plat, chaînes rouillées, pièces endommagées ou manquantes. Et des vélos électriques au moteur défaillant continuent d’être proposés à la location et facturés alors même qu’ils ne remplissent plus leur fonction.
Une maintenance pensée pour la quantité et non la qualité
Les vélos signalés sont en grande partie pris en charge par les ateliers de réparation de JCDecaux. Néanmoins, le choix est fait de ne réparer que les vélos totalement hors d’état. Les vélos encore roulants, bien que présentant des défauts importants (notamment sur les pneus), restent souvent en circulation.
L’atelier fonctionne sur une logique de productivité qui privilégie la remise en circulation rapide plutôt qu’un entretien approfondi. Seuls les points de sécurité les plus critiques ou les problèmes les plus fréquemment signalés sont traités, au détriment d’une maintenance préventive indispensable à la durabilité du matériel et à la sécurité.
Des moyens à augmenter d’urgence
Au sein même des ateliers, les conditions de maintenance interrogent. Les modèles de vélo sont encore perfectibles et, en attendant, le volume de réparations reste très élevé. Pourtant, les équipes de maintenance apparaissent sous-dimensionnées et insuffisamment formées. La formation actuelle, limitée à quelques jours d’accompagnement informel sans véritable plan structuré, ne permet pas d’acquérir toutes les compétences requises pour assurer un entretien de qualité.
À l’heure où de nouvelles stations ouvrent dans les communes de la métropole, nous craignons une aggravation encore plus importante de ces dysfonctionnements si les moyens humains, techniques et organisationnels ne sont pas renforcés et améliorés.
La sécurité en question : demande de transparence et garanties
Dans ce contexte, nous souhaitons obtenir des clarifications sur les modalités contractuelles encadrant la maintenance des vélos en libre-service et des engagements sur l’amélioration de la réparation.
Nous demandons la communication d’indicateurs pour mesurer la qualité et l’état réel de la flotte et, si elles existent, que les données correspondantes sur les dernières années soient rendues publiques.
Le succès de vélôToulouse ne doit pas se faire au détriment de la qualité du service, de la sécurité des usagers et usagères, ni des conditions de travail des personnels chargés de la maintenance. Des réponses rapides et transparentes sont aujourd’hui indispensables.
