Monsieur le Maire, Chers collègues,
Mon intervention porte sur l’ensemble des délibérations concernant les centres socio-culturels municipaux et les conventions de partenariats signées avec différents acteurs, dans le but de, je cite, « contribuer activement au déploiement de manifestations artistiques promouvant les diverses expressions de la création contemporaine et au soutien des acteurs qui en sont à l’initiative ».
Bien entendu, nous saluons cette mission de soutien au secteur culturel des centres culturels toulousains.
Mais il nous semble important de faire remarquer que les mesures prises par votre majorité ces derniers mois ont réduit de manière importante les moyens des centres culturels et les ont mis en difficulté pour assurer ces missions justement.
Pour parler des arts visuels par exemple, puisqu’une des délibérations y fait référence, nous souhaitons relayer les alertes exprimées par un collectif d’acteurs de ce secteur, qui s’est constitué il y a un an et demi pour dénoncer la manière dont il est mis à mal depuis deux mandats à Toulouse.
Ce collectif dénonce notamment le manque de lieux de diffusion pour les artistes locaux, sachant que ceux qui existent sont trop peu soutenus et en grande difficulté, Lieu Commun et le BBB notamment.
La baisse des moyens des centres culturels, que vous avez décidé et que vous laissez encore cette année dans une grande incertitude budgétaire qui freinent le déploiement de leurs actions, rend plus difficile l’accueil d’exposition. Ces lieux, comme le sont aussi les bibliothèques, sont des relais pourtant essentiels.
Outre la dégradation des conditions de travail des agents de ces services, c’est bien l’ensemble de l’écosystème, des artistes qui pâtit de votre politique.
Par ailleurs, la collectivité soutient peu le champ des arts visuels. Toulouse est, à cet égard, une zone sinistrée, bien moins lotie que d’autres villes, en termes de lieux de diffusion, de centres d’art, d’ateliers d’artistes, etc.
Par exemple, contrairement à Lyon :
- Pas de dispositif municipal de soutien aux artistes, critiques d’art, commissaires d’expo,
- Pas d’artothèque, pas d’ateliers d’artistes municipaux
Ou, autre exemple, Strasbourg, 8ème ville de France, présente un budget par habitant consacré à la culture plus important que Toulouse (164 euros contre 150 pour notre ville), dispose d’un taux d’équipements culturels plus important (12,4 pour 10 000 contre 9 pour 100 000 à Toulouse.
Bref, ce collectif dénonce le manque de considération pour les artistes en général.
Et c’est fâcheux, parce que les professionnels des arts visuels, artistes auteurs, mais aussi salariés des structures, participent à la vitalité démocratique. Ils nous apprennent à regarder, questionner les images, à comprendre les intentions qui se cachent derrière. Vous reconnaitrez qu’à l’heure des fake news, c’est important que les toulousainEs soient en capacité d’identifier une image truquée, générée par l’intelligence artificielle… Bref, les arts graphiques sont un support essentiel d’éducation à l’image, d’acquisition d’une culture visuelle, d’un esprit critique, et en cela ils sont indispensables, d’utilité publique et méritent donc d’être soutenus par les pouvoirs publics.
