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Infolettre métropolitaine #26 : Retour sur le conseil du 8 février 2024

Le groupe AMC lors du conseil métropolitain du 8 février 2024
Le groupe AMC lors du conseil métropolitain du 8 février 2024
« Bonjour les gens !

Tout d’abord, on va vous souhaiter une bonne et belle année 2024, étant donné que c’est la première infolettre « conseil » depuis décembre dernier. Qu’est-ce qu’on pourrait souhaiter qu’on n’a pas déjà, en fait ? De la démocratie, une bifurcation écologique, une prise de conscience de tous les habitantEs de la planète que là, ça urge et qu’il faut se bouger le cul ? Un gouvernement avec des gens compétentEs et qui ne sont pas là pour appliquer des mesures pour racoler les électeurs et électrices de l’extrême-droite ? La fin des guerres qui sévissent un peu partout sur la planète avec une pensée particulière pour les habitantES de Gaza où les forts soupçons sur le caractère génocidaire du conflit exprimés par la Cour international de justice nous font craindre une poursuite de la descente aux enfers des populations civiles ? 

 

Bon, bah oui, en fait, on peut souhaiter tout ça, mais y’a peu de chances qu’on l’obtienne. Donc on va être un peu moins ambitieux, et on va souhaiter juste être capables d’enchaîner les jours les uns après les autres le mieux possible et d’arriver à être heureuses et heureux malgré tout. 

 

Donc, premier conseil de l’année : le conseil métropolitain du 8 février 2024 ; l’ordre du jour était extrêmement léger (11 « vrais » chapitres avec au total 32 délibérations), donc ça promettait un conseil rapide. Quoique depuis le dernier conseil métropolitain, on sait comment faire pour que ça ne dure pas trop longtemps : on demande une interruption de séance pour discuter du refus de prendre en compte nos amendements, c’est refusé, on se barre. Bonne technique, mais à utiliser parcimonieusement, parce que du coup ils en profitent pour faire passer toutes les délibérations restantes sans aucune contradiction. Quoique : ça va peut-être évoluer un peu, ça (on en parlera dans la dernière partie de l’infolettre). 

 

On va remettre aussi un peu de contexte sur ce conseil : avant le dernier conseil de l’année, il y avait eu la démission du maire de Saint-Jory, Thierry Fourcassier (remplacé par Victor Denouvion, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la ville) ; depuis on a appris qu’il a carrément été placé en détention provisoire, ce qui prouve que ce qu’on lui reproche est suffisamment conséquent pour qu’on l’empêche de se barrer avec la caisse

 

Et en janvier, on a eu la décision de justice dans l’affaire Arribagé-Vignon, avec la condamnation de Laurence Arribagé à 5 ans d’inéligibilité et 3 ans de prison avec sursis, assorti de 10.000 euros d’amende. On a eu droit aux cris d’orfraie de ses potes, qui disent que houlala franchement c’est un jugement politique, c’est une peine beaucoup trop lourde au regard des faits, blablabla. Alors rappelons quand même au niveau des faits qu’elle a volontairement cherché à discréditer son adversaire entre les 2 tours des législatives de 2017 en demandant à un pote directeur régional adjoint des finances publiques d’Occitanie de faire sortir dans la presse des accusations de fraude fiscale contre Corinne Vignon On laissera chacun apprécier la gravité des faits. 

 

Qu’elle soit soutenue moralement par ses potes, rien à redire, c’est normal, ce sont ses potes (du moins celles et ceux qui sont sincères, pas celles et ceux qui font ça pour éviter un retour de bâton). Que les mêmes potes ne voient pas le problème et remettent carrément cause le jugement, bof quoi. Et le « c’est un jugement politique » : ouais, bof… Sorti du microcosme toulousain, ça va déranger qui ? 

 

 

Mais donc, voilà : en 3 mois, ça fait 2 membres du groupe Métropole d’Avenir, le groupe de tonton Moudenc, qui sautent pour ennuis judiciaires, sachant qu’au mandat précédent, y’avait eu 3 personnes doucement écartées pour ennuis judiciaires aussi. Alors évidemment, tout le monde va en parler dans les liminaires du conseil, hein ?  

Liminaires

Tout le monde va en parler en liminaire ? Bah non. Le conseil commence avec les mots introductifs de Tonton Moudenc, qui fait une annonce qui aura son importance par la suite : Ida Russo, la maire de Drémil-Lafage, change de groupe : elle était dans le groupe des indépendants, elle passe dans le groupe de Métropole d’Avenir. Tiens tiens, mais pourquoi ça donc ? Bon, des changements de groupe, ça arrive ponctuellement. Depuis le début de notre mandat, y’a eu au moins Julienne Mukabucyana et Ana Faure qui sont passées du groupe EELV & co au groupe éphémère d’Albert Sanchez (qui donc est toujours debout), puis quand le groupe a été dissous faute de participants ont rejoint avec lui le groupe de tonton Moudenc, Métropole d’Avenir. Nous aussi on a eu des mouvements, histoire d’être honnêtes mais on n’est jamais passés dans le camp d’en face… 

 

Donc ça arrive ; et quant à l’explication du pourquoi, on l’a eue plus tard dans le conseil : là aussi, on en parlera dans la dernière partie (la vache, ça fait un teasing / une bande annonce de malade : tous les gens qui nous lisent sont en train de saliver sur nos révélations chocs et croustillantes de notre super infolettre de la mort qui tue. Bon, salivez pas trop quand même hein : déjà la bave sur l’écran d’ordinateur ou du téléphone, ça fait sale, et puis bon, c’est pas le prix Pullitzer non plus quoi.) 

 

Et donc voici les liminaires qui arrivent : Karine Traval Michelet (socialiste, maire de Colomiers) commence : elle parle de plein de trucs, mais pas un mot sur les affaires judiciaires. Puis Joseph Carles (maire de Blagnac), pour le groupe des indépendants : pas un mot sur les affaires judiciaires. Puis les autres groupes se succèdent, et il faut arriver à Thomas Karmann pour nos collègues de METCS (EELV & co) pour que le sujet soit abordé. Il fait remarquer aimablement à tonton Moudenc que son groupe se déplume. Et que les éluEs qui ont démissionné ne pourront pas bénéficier de la formation déontologie (c’est ballot, quand même). 

 

Et puis vient Agathe, pour notre groupe AMC : et là son liminaire est un régal (vous pouvez aller le lire dans son intégralité sur notre site, ici). Bon, il est fortement possible que le terme de « tonton réac » ait déplu à Tonton Moudenc et à ses sbires, mais après tout, c’est notre liminaire, hein, on fait les analogies qu’on veut. Elle a donc parlé de tout ce que notre tonton Moudenc fait moyennement bien, pour ne pas dire mal, et ce qu’on proposerait, nous, de faire (mieux) : son attrait pour tout ce qui est motorisé, au détriment des modes doux de déplacement, son rétropédalage (à hydrogène ?) sur le RER, et surtout les affaires judiciaires qui secouent non pas les nouilles (cherchez la contrepèterie, elle est sympa), mais l’assemblée métropolitaine et qui nuit à son image et sa probité. 

 

On passe sur la réponse de Sachounet aux liminaires, ça n’a strictement aucun intérêt, hormis qu’il a réussi à sortir à Thomas « t’as pas parlé des agriculteurs, tu les soutiens pas, hein ? Bouh méchant ! ». On retiendra juste de la réponse de tonton Moudenc faisant remarquer à Thomas (Karmann) que son propre groupe avait subi des scissions et des pertes, et à Agathe qu’elle était outrancière comme à son habitude. Sur les affaires judiciaires, strict minimum. 

Il est aussi revenu sur la facturation de l’eau et dit qu’il n’est pas opposé à la tarification progressive. Faut dire que ses collègues maires ont manifesté leur mécontentement. On a donc espoir que la tarification saisonnière ne soit pas appliquée, car elle va aboutir à faire payer très cher les douches de celles et ceux qui n’ont pas la clim cet été.  

 

Sur le droit d’amendement, il reconnaît que le règlement intérieur n’est pas clair (nous, on dit contraire à la jurisprudence), et que c’est pour ça qu’un groupe de travail associant l’opposition est en cours. Seul problème : au rythme où ça va, ce groupe de travail, le nouveau règlement intérieur sera prêt pour la prochaine mandature. L’art de faire traîner les choses pour faire croire qu’on avance… Sur la forme, on a eu droit au festival de celui qui accuse les autres d’outrance pour mieux cacher les siennes : si la France va mal, c’est la faute aux écolos qui ont bridé l’effort nucléaire français ; il nous a aussi parlé du “réarmement” macronien et autres cocasseries. 

Le conseil

(pour retrouver toutes les interventions de ce conseil : https://groupe-amc.org/?tag=20240208 ) 

 

Le conseil a débuté normalement : on a voté les 3 premiers chapitres (procès-verbal du dernier conseil, décisions du bureau, décisions du président), puis le chapitre 4 avec sa seule délibération est voté, et on arrive au chapitre 5 où là, il y a différents votes à faire. Et parmi ces votes, il faut remplacer 2 membres du bureau (tiens tiens, lesquels ? Bah oui, T. Fourcassier et L. Arribagé), et pour ça il faut un vote à bulletin secret ; donc pour ça il faut des assesseurs / scrutateurs : il y a 2 bureaux de vote à tenir, un par candidat (choix entre le ou la candidate et un bulletin blanc, gros suspense) ; tonton Moudenc annonce au micro qu’on lui a fourni les noms de Nina Ochoa (grande habituée, en tant que benjamine du conseil), et Aymeric Deheurles. Moment de stupeur dudit Aymeric, qui cherche à savoir qui quand comment pourquoi il a été désigné, ne se rappelant pas avoir été candidat pour tenir le poste : renseignements pris, c’est la cheffe administrative du conseil (personne adorable, au passage) qui est en charge de fournir les noms à chaque fois, et qui essaie de faire tourner au niveau de l’opposition. Résultat, il va louper les ¾ du conseil, parce que l’élection va durer au moins une heure et demie, voire deux heures, qui lui en paraitront le double, le temps que chaque membre du conseil se déplace pour voter, avec des retardataires qui soit avaient oublié qu’il y avait un vote, soit ont totalement disparu (y’en a un qu’on n’a jamais réussi à trouver, au bout d’un moment on a déclaré le scrutin clos sans lui), et ODILE, qui était en train de batailler avec Karine Travail Michelet et qui donc ne pouvait pas venir voter, de peur de louper une réplique cinglante. Bon, Aymeric a pas mal ronchonné, lui qui aime bien pouvoir tenir à jour les votes et noter les éléments saillants du conseil, mais ça fait partie des obligations civiques, donc voilà quoi. 

 

Pendant qu’Aymeric râlait dans son coin, il a fallu désigner un nouveau questeur du conseil. Le questeur, il sert à quoi ? Il sert à assurer la gestion administrative et financière de l’assemblée. Rôle important, de confiance, donc. Et s’il est à remplacer, c’est parce que le précédent questeur, c’était une questrice, et c’était … Laurence Arribagé. Aucune blague. On a demandé à ce que ce rôle aille à l’opposition. Et ce n’est pas une proposition d’extrême-gauche hein, c’est la reprise d’une proposition d’un député de Gironde…. du Modem. 

 

Election du questeur : candidat désigné par tonton Moudenc : François Chollet ; nous on a proposé Agathe face à lui. Bon, sans surprise, il a été élu, hein. 

 

Odile a enchainé plusieurs délibérations : elle a dénoncé les commissions qui sont gérées comme des chambre d’enregistrement alors que c’est le seul moment où l’opposition peut poser des questions sur les dossiers, le refus de la métropole de communiquer infos et documents qu’elle cache tellement que c’est à se demander ce qu’elle a à cacher (comme par exemple avec les prétendus arbres malades des Izards, surtout prétexte à bétonner contre l’avis des habitants). Elle a parlé des aménagements de la route de Revel vers St-Orens et l’autre route vers Labège, et du projet rejeté par le Conseil National de Protection de la Nature, mais qu’ils font passer comme d’habitude en force.  

 

Odile a aussi plaidé pour que s’agissant des études multimodales que la métropole finance avec la région, la préfecture et le département, que soit enfin lancée une étude, si besoin avec l’AUAT, pour vérifier la faisabilité du projet phasé de Rallumons l’Etoile pour le RER que tonton Moudenc repousse avec constance à 2040 alors qu’il y a urgence et qu’il est incapable d’étayer ses positions… 

Bon, ça a donné comme d’habitude des échanges acrimonieux entre elle et Karine Traval Michelet, mais ça ne serait pas un vrai conseil métropolitain sans ça. 

 

Agathe est intervenue sur la 7.4, concernant les tarifs des musées, qui ont augmenté, et qui en plus désormais incluent dans le prix d’entrée le prix des expositions temporaires, même si vous ne voulez pas aller la voir ; exemple amusant : les familles qui veulent aller au Museum doivent payer pour l’expo sur la vie sexuelle des animaux même si elles n’ont pas envie d’y amener leur môme. On ajoute à ça la suppression de cartes de réduction qui existaient, mais en parallèle des réductions proposées aux touristes ou aux entreprises, on voit bien quelles sont les personnes que la métropole cherche à attirer. Autre point amusant du coup : Esplugas martèle que c’est mensonger de dire ça, que la carte de réduction n’a pas été supprimée, qu’ils arrêtent juste de la distribuer. Mais que c’est pas supprimé si la réduction continue de s’appliquer pour les gens qui en ont déjà une. Mauvaise foi, vous avez dit ? 

 

Jamal et Odile sont intervenus sur le chapitre logement et notamment sur la délibération 8.2 qui permet de changer les modes d’attribution des logements sociaux, où l’on essaie une méthode qui sera normalement plus fluide. Ce changement est une bonne chose, mais comme l’ont fait remarquer Jamal et Odile, il y a un manque de logements sociaux, et notamment très sociaux. Donc on a beau tourner le problème dans tous les sens, même si les attributions sont plus faciles, il y a toujours une inéquation entre l’offre et la demande. Mais bon, après 3 ans de mandat, s’il y a bien quelque chose qu’on a compris, c’est que les maths c’est pas le point fort de cette majorité. 

 

Maxime est intervenu sur la 10.1 pour dénoncer le retard pris par la métropole de Toulouse dans l’application de la loi sur les composteurs individuels : comme d’hab ça n’a pas plu au jeune start-upeur Vincent Terrail Noves, parce que tout ce qu’on fait, c’est bien, et puis les autres ils ne font pas mieux d’abord : “on est dans la moyenne des autres métropoles en retard”, c’est magique comme argument. 

 

12h30 environ : retour d’Aymeric dans la salle, toujours ronchon parce qu’il a tout raté. 

 

13h : fin du chapitre 12, pause repas, jusqu’à 14h30. Enfin, 14h30, pas pour tout le monde : les membres de la commission « Voirie » sont convoqués à 14h, et les membres de la commission « Sports et Bases de Loisirs » à 14h20 pour élire un nouveau président de commission, les 2 précédents ayant été démissionnés par la justice (hé oui, encore T.Fourcassier et L.Arribagé). 

 

On reviendra plus tard sur ces élections. On note aussi que pendant la pause repas, plusieurs personnes ont vu une élue de la majorité en larmes, sans trop comprendre pourquoi : on ne dira pas qui, par délicatesse, mais on dira pourquoi plus tard aussi, et c’est brutal (la brutalité, marque de fabrique de la majorité, y compris dans ses rangs ; on pourrait presque en faire un slogan : “la majorité, c’est la brutalité : votez Moumou !”). 

 

Reprise du conseil, les débats se poursuivent avec le chapitre 13 (sur 15, c’est dire à quel point ce conseil était express), puis le chapitre 14 et l’intervention de Maxime qui, lui, ne compare pas tonton Moudenc à un tonton réac, mais à l’inspecteur Gadget, parce qu’après l’arbre à algues, la canopée urbainehyperloop, on nous sort le vélo à hydrogène. Allez lire le texte de l’intervention de Maxime, c’est édifiant : le concept c’est quand même d’utiliser de l’électricité pour produire de l’hydrogène pour pouvoir faire fonctionner un moyen de transport qui fonctionne à la force des mollets ou à l’électricité, mais comme c’est de l’innovation, on ne peut pas dire que c’est complètement con. MAIS CA COÛTE RIEN A LA COMMUNAUTE DONC C’EST PAS GRAVE répond le brave François Chollet. Ouais. Hyperloop non plus ça ne devait rien nous coûter, hein. Et au-delà du coût pour la collectivité, Maxime a mis en évidence le coût sociétal et psychologique que la croyance dans le techno solutionnisme amène : celui de l’immobilisme. Bref lisez son texte ;)  

 

Tonton Moudenc n’a pas voulu changer ses habitudes et a donc censuré de nouveau Odile par une coupure de micro après l’avoir accusée de poser trop de questions en commission, n’hésitant pas à sortir des chiffres farfelus (pensée émue pour le ou la pauvre collab qui a dû se coltiner la lecture de tous les PV de commissions pour satisfaire le patron). À la délibération suivante, Odile a tenu quand même à le remercier car cela démontre bien qu’elle travaille beaucoup et sérieusement, en gros qu’elle fait le job ce qui est loin d’être le cas de la majorité de la majorité… (ouais, ça fait bizarre de dire “la majorité de la majorité” : c’est comme dire “aller boire un café au café”) 

 

La seule délibération du chapitre 15 est torchée, et on passe aux vœux :  

 

On re-présente les vœux qu’on avait essayé de porter au dernier conseil et qu’on n’avait pas pu défendre ; pour notre part, il y avait le vœu pour avoir le droit de prendre son chien dans les transports en commun, actuellement interdit. Notre vœu (porté par Maxime) proposait de faire une étude pour voir ce qui était faisable : on le retire parce que Serge Jop, maire de St-Orens et président de Tisseo voyageurs, bien qu’il nous dise qu’il y a une étude en cours, fait supprimer du texte tous nos considérants (les arguments avancés pour démontrer le bénéfice pour la collectivité d’accepter les chiens) et les fait remplacer par des arguments… contre les chiens dans les transports. En bref, l’étude est lancée mais la volonté politique n’y est pas, donc inquiétude sur où finira l’étude, qui trouvera probablement sa place au cimetière des études et concertations, très fourni sous ce mandat (y gisent la Jonction Est, le plan stratégique hydrogène, et d’autres).  De plus ils refusent de lancer une expérimentation en appui de l’étude. À suivre quand même… 

 

Vœu pour ne pas laisser des enfants à la rue (porté par Agathe) : retiré de l’ordre du jour, on n’a pas le droit de le présenter (toujours au motif fallacieux que ce n’est pas une compétence métropolitaine mais nationale, alors qu’ils font passer plein de vœux à la con (des tentatives de pièges pour l’opposition) qui sont aussi de compétence nationale, avec un exemple caricatural dans le même conseil puisqu’on nous demande de nous positionner sur une loi nationale – ZAN- et un amendement à lui apporter. Bref le fait du monarque comme toujours sans aucune cohérence. 

 

Vœu pour une économie cyclable locale (porté par Aymeric) : en gros on propose de développer les endroits pour aider à réparer son vélo dans plusieurs quartiers et dans toutes les communes de la métropole, et proposer la location longue durée et / ou le prêt de vélos d’occasion. Bon, comme d’hab ils ont amendé le début du vœu pour dire qu’ils font déjà tout bien, et ils ont fait sauter la location longue durée de vélos électriques (trop cher), mais le vœu amendé est adopté. Nous l’avons maintenu car le prêt gratuit de vélos reconditionnés est accepté. Petite victoire mais restons constructifs. 

 

Ensuite le groupe de tonton Moudenc nous a proposé un vœu de soutien aux agriculteurs, vœu voté à l’unanimité, après prise en compte de nos amendements, puis un vœu pour « reconnaître l’intérêt national des projets de développement de la filière aéronautique », et alors là ça parlait de ZAN (zéro artificialisation nette), personne ne comprenait rien, on a posé plein de questions dans tous les sens pour savoir de quoi ça causait, on a eu des réponses assez satisfaisantes mais ça restait flou, et là MIRACLE : Thomas a demandé une interruption de séance pour pouvoir réfléchir à ce qu’on faisait au vu des réponses apportées, et CA NOUS A PRESQUE ETE ACCORDE ! Bon, tonton Moudenc n’a pas prononcé les mots « interruption de séance », mais il a dit « vous pouvez prendre quelques minutes ». Dingue ! 

 

Au final on n’a pas pris part au vote tellement le contexte était flou, et le vœu a été adopté. 

 

Fin du conseil. 

Fin du suspense

Et on en arrive à LA partie que tout le monde attend depuis le début de cette infolettre somme toute assez longue malgré un conseil assez court : LES REVELATIONS ! 

 

Bon, autant le dire tout de suite, y’a aucune révélation, mais une pseudo-analyse de certains faits notables et qui sont assez instructifs de la face cachée de la politique. 

 

Donc :  

 

  • Ida Russo qui change de groupe pour passer dans Métropole d’Avenir 
  • Election des nouveaux présidentEs des commissions « voirie » et « sports et bases de loisirs » 
  • Aucune contradiction en dehors de la nôtre, ça va peut-être évoluer  
  • Une élue de la majorité en pleurs pendant la pause de midi 

 

Les 3 premiers points, ça va ensemble. 

 

Ida Russo a changé de groupe, elle a rejoint le groupe de tonton Moudenc. On a déjà entendu des murmures à la pause, mais on va avoir la confirmation au moment de l’élection du président de la commission voirie (on zappe très vite sur l’autre élection qui a eu lieu après, Julie Pharamond seule candidate a été élue à l’unanimité) : 32 membres de la commission, dont 3 de l’opposition (Hélène Cabanes, Aymeric, et Odile), 14 de Métropole d’Avenir, et le reste venant des indépendants, des communistes, ou des socialistes. 

 

L’opposition, on le rappelle, elle est constituée de nos 2 groupes : AMC et MESC. Tous les autres groupes politiques se sont ralliés au pacte de gouvernance de Moudenc, qui dit en gros « vous votez tout ce que je propose, et en échange on écoute vos propositions et je verrai si j’ en prends quelques-unes ». 

 

L’élection de la présidence de la commission voirie commence, et c’est tonton Moudenc (président de la métropole, donc membre d’office de toutes les commissions) qui organise tout ça. Toutes les personnes membre de la commission sont assises, il se met face à elles, et tient à peu près ce langage « Ô bonjour membres de la commission, que vous êtes jolis, que vous me semblez beau : je me permets de vous rappeler subtilement que lors de la signature du pacte, il avait été convenu que la présidence de la commission voirie reviendrait à une personne du groupe Métropole d’Avenir non élue à Toulouse ». 

 

Voilà. Donc là déjà ça pose clairement les choses, il est en train d’indiquer pour qui ses alliéEs sont censés voter, sans quoi panpan cucul. 

 

Et il poursuit : « J’ai reçu la candidature d’Ida Russo » 

 

OH MAIS TIENS DONC MAIS QUEL CONCOURS DE CIRCONSTANCES AUSSI INATTENDU QU’OPPORTUN ! IL FAUT ÊTRE MEMBRE DE METROPOLE D’AVENIR POUR PRESIDER LA COMMISSION, IDA RUSSO EST CANDIDATE, ET ELLE APPARTIENT DESORMAIS A METROPOLE D’AVENIR ! 

 

La vie fait vachement bien les choses, quand même, non ? 

 

Ce qui fait moins bien les choses, et qui a pas super fait rire tonton Moudenc, c’est que Didier Castera, du groupe des indépendants, qui jusque-là était vice-président de la commission, a fait acte de candidature à la présidence. Pour que tout soit clair, il a précisé que ce n’était pas un acte de dissidence, mais juste la continuité dans le suivi des dossiers. 

 

Vote à bulletin secret ; résultat, annoncé de façon laconique et neutre par tonton Moudenc : Ida Russo 14 voix, Didier Castera 18 voix. On doit dire qu’on a un peu aidé M.Castera, parce qu’on est des rebelles, nous aussi. 

 

Limite on s’attendait à l’annonce immédiate du nouveau changement de groupe d’Ida Russo pour rejoindre les indépendants à nouveau. 

 

Ça signifie quoi tout ça ? Ça signifie que les indépendants, les socialistes et les communistes, ils ont désobéi au patron, ils n’ont pas voté pour la candidate désignée et adoubée. Ça pourrait signifier qu’ils envoient un message au patron pour dire que bah on est à 2 ans des élections, et qu’ils vont commencer à rechigner à obéir à toutes ses volontés ? À voir… On va peut-être assister à un peu plus d’escarmouches dans les prochains conseils. 

 

Autre sujet : on a appris par un article du journal toulousain que tonton Moudenc profitait du départ de Laurence Arribagé pour redistribuer un peu certaines compétences et certaines responsabilités. Notamment des mairies de quartier ; notamment celles de Bertrand SerpMaxime Boyer et Julie Pharamond, qui perdent leurs mairies de quartier au profit de certains de leurs collègues de la majorité. 

 

Ça peut interpeller, parce que déjà ce sont des potes à tonton Moudenc, et rien n’indique qu’ils aient démérité. Ou en tout cas qu’ils aient fait pire que d’autres, qui restent en poste (on sera délicats, on ne nommera personne). 

 

Mais si on fait le lien avec ce qu’il s’est passé en novembre dernier : il y a eu des élections internes chez Les Républicains pour la présidence au niveau départemental. C’était Christine Gennaro Saint qui assumait l’interim, et qui était candidate, avec le soutien de noms totalement adorables comme Eric Ciotti ou Laurent Wauquiez ; et face à elle, kikikdonc qui était candidat ? Bertrand Serp. 

 

Tiens donc. 

 

Et qui est-ce qu’on trouvait dans la liste des soutiens à Bertrand Serp hier ? (Serp hier, c’est juste un jeu de mots moisi, hein, pour le placer, pas de quoi en faire un paillasson). On trouvait Maxime Boyer et Julie Pharamond. 

 

Comme de par hasard. 

 

Alors bien sûr, tout le monde à droite nous jurera que non, aucun rapport voyons. Mais on est en droit de s’interroger sur les rapports de force qui se sont mis en place ; tonton Moudenc semble avoir des comptes à rendre à ses alliés, quitte à sacrifier ses proches. 

 

Donc on est à 2 ans des élections, et on sent que les grandes manœuvres ont déjà commencé. 

 

Et par rapport à la brutalité de ces annonces, on est en droit de se demander si certaines personnes n’ont pas appris leur déchéance directement par la presse, ou très peu de temps avant. 

 

Voilà, c’est tout pour ce premier conseil : prochaines échéances : conseil municipal de Toulouse le vendredi 29 mars, conseil métropolitain le jeudi 4 avril. D’ici-là, n’hésitez pas à suivre nos palpitantes aventures d’éluEs d’opposition sur twitter où on est assez actifs. 

Agathe Roby lors du conseil du 8 février
Agathe Roby lors du conseil du 8 février
Jamal El Arch lors du conseil du 8 février
Jamal El Arch lors du conseil du 8 février

Nous sommes :

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