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Infolettre municipale #23 : Retour sur le conseil municipal du 27 mars 2025
Infolettre municipale #23 : Retour sur le conseil municipal du 27 mars 2025

Infolettre municipale #23 : Retour sur le conseil municipal du 27 mars 2025

ManifestantEs devant le Capitole, 27/03/25
ManifestantEs devant le Capitole, 27/03/25

Conseil Municipal de Toulouse du 27 mars 2025

Bonjour les gens !

Premier conseil municipal de 2025, à désormais moins d’un an des prochaines élections, le compte à rebours est lancé : après celui-ci, il ne restera plus que 3 conseils municipaux, et probablement 5 conseils métropolitains. 

 

Nous étions donc convoqués le jeudi 27 mars au Capitole ; initialement, c’était prévu le vendredi 28, mais Jean-Luc Moudenc n’a pas voulu être obligé de souhaiter un bon anniversaire à Caroline, donc il a décalé d’un jour. 

 

Quoi ? Si ça se trouve, c’est ça, hein, et on nous fait croire que c’est pour une raison d’agenda ! Vous n’en savez rien, d’abord ! Alors que nous, nous sachons. 

 

Conseil ce jeudi 27 mars, donc, et en arrivant devant le Capitole, on s’aperçoit qu’un comité d’accueil est présent (bon, en vrai, on était au courant avant) : manifestation des personnes mobilisées pour la défense de la culture, dont le conseil va sabrer les subventions et mettre à mal les services culturels municipaux pour cause de rigueur budgétaire en anticipation des coupes nationales du gouvernement Barnier. Ah non, Bayrou. Enfin, pour le moment ; il a passé le cap des 100 jours, félicitations, on propose de lui remettre une médaille et de le renvoyer à Pau où il brasse autant de vent qu’à Paris. Et puis il paraît qu’il a 2 ou 3 trucs à gérer du côté de Bétharam. 

 

Baisse drastique des subventions, donc (pas que pour la culture, pour la très grande majorité de tout ce qui est subventionné par la ville de Toulouse), et baisse excessive étant donné qu’on a fait nos propres calculs, et que not’bon maire a vraisemblablement crié au loup très fort et en a profité pour réduire fortement les dépenses alors qu’on aurait pu les réduire beaucoup moins. Mais c’est une technique politicienne assez efficace malgré tout : s’il avait moins réduit, les gens se seraient offusqués qu’il y ait réduction et auraient râlé et été mécontents. Alors qu’en tapant très fort dès le début puis en rallongeant des sous plus tard, on montre qu’on est magnanime, et les gens sont contents d’avoir eu une rallonge alors même qu’au final, ils se retrouvent dans la même situation que dans le premier cas. Malynx le Moudenx. 

 

En attendant, là, on est dans la phase où le monde de la culture est (à juste titre) en colère et au désespoir, parce que de nombreuses associations sont menacées de fermeture faute de moyens, et que les conséquences sur l’offre culturelle vont être désastreuses. Ça va aussi avoir de l’influence sur la qualité de vie à Toulouse, et sur l’accès aux services publics pour les toulousainEs. 

 

Et c’est donc dans ce climat charmant et joyeux qu’on s’installe pour le conseil municipal. Mais contrairement à d’habitude, nous ne sommes pas dans la salle du conseil, qui est en travaux de rénovation, et nous retrouvons la salle des illustres qui a accueilli les premiers conseils de l’ère Covid. 

 

Bah ça tombe bien dites donc ! Comme ça les fenêtres donnent pile poil sur la place du Capitole, où les manifestantEs font plein de bruit, histoire de rappeler aux éluEs qu’il y a une colère qui s’exprime. 

 

Le conseil commence (à 10h alors qu’on était convoquéEs à 9h30, comme d’hab), et comme d’hab aussi le bon père-maire fait son discours introductif, donc on ne va pas parler ici, parce que pour en parler il faudrait l’écouter attentivement. Donc non. 

 

Puis arrivent les liminaires ; Antoine fait le sien pour son groupe à lui, puis pour notre groupe AMC, c’est Maxime qui commence, et Agathe qui enchaîne. Vous pouvez retrouver notre liminaire sur notre site (il y a même la vidéo du liminaire), et comme d’habitude toutes nos interventions sont mises en ligne également, à retrouver ici 

 

On apprend pendant les liminaires qu’un ancien élu (Jean-Christophe Sellin), s’est vu refuser l’entrée au Capitole, alors que le conseil municipal est public. Hélène Magdo pose la question de savoir si le conseil est désormais à huis-clos, étant donné que du public n’a pas droit de rentrer ; le père-maire fait mine de mal comprendre la question, en roublard éhonté qu’il est, et tâche, en mauvais acteur qu’il est, de faire croire qu’on lui demande de faire le conseil en huis-clos. Il argue que pour le moment il n’en voit pas l’intérêt, mais que si on insiste, il étudiera la question. 

 

En réalité on saura par des sources sûres que l’ancien élu a échangé des textos avec le père-maire (heureusement qu’il n’est pas écolo, parce que le père-vert ça sonne encore moins bien), et que ce dernier lui a répondu clairement qu’il s’était mis du côté des extrémistes, et que son devoir à lui, père-maire, était d’assurer la sérénité des débats et qu’il ne pouvait donc le laisser entrer. Bon, en clair, c’est encore une fois le fait du prince et l’abus d’autorité, mais c’est pas nouveau, c’est juste que peu de gens le réalisent. 

Les liminaires de l’opposition étant finis, c’est pluplugas qui fait celui de la majorité, pour non pas tenir un propos sur leur politique, mais pour tirer à boulets rouges sur LFI, sur François Piquemal, sur Agathe ; il fait ça pendant 10 minutes, puis passe à un autre sujet, il tape sur Archipel Citoyen, puis il retape sur Agathe et LFI. Il évoque aussi brièvement le scandale de la LDH à qui la mairie refuse de nouveaux locaux, et l’A69, en regrettant qu’on condamne les tarnais à rester dans leur “réserve d’indiens”. ChacunE appréciera la comparaison à sa juste valeur. 

 

Le bon côté des choses, c’est que ça prouve qu’ils ont choisi leurs adversaires directs pour mars 2026 et qu’ils en ont peur. Mais ça reste puant comme discours et comme comportement. 

 

Et le bon père-maire reprend la parole pour conclure longuement, comme d’hab, en profitant du fait que personne n’a le droit de lui répondre pour sortir tout un tas d’insanités et de calomnies. Il en profite au passage pour traiter Agathe de menteuse, et même de mentir en permanence. Rien que ça. Très classe, le mec. 

 

Mais pendant son discours ronflant, 4 personnes font intrusion dans la salle des illustres (vidéo dans l’article en lien), avec une banderole, un fumigène lancé qui arrivent à côté des membres de l’opposition (faudra lancer plus fort la prochaine fois, hein, c’est nous qui nous sommes pris toute la fumée) ; n’écoutant que sa hargne, JJ Bolzan prête main-forte à la police municipale pour maîtriser manu militari une des personnes, la plaquant contre une table et avec une prise d’étranglement également. Idem pour Gaëtan Cognard. On a aussi mimilion Esnault qui vient montrer qu’il est chef de la police, tout colère, et qui échange quelques propos peu amènes avec certains membres de l’opposition qui reprochent cet étalage de violence pour des manifestantEs qui n’ont agressé personne. Tout ça laisse un peu perplexe, quand on voit la brutalité et la violence manifestées par certains élus, qui rappellent furieusement les réflexes que certaines personnes apprenaient au sein du GUD. 

 

Plusieurs personnes de l’opposition réclament une interruption de séance, mais le bon père-maire continue imperturbable son discours lénifiant, et il faut que François Briançon se lève et remonte toute la travée jusqu’à l’estrade de Moudenc pour que celui-ci daigne écouter et prononcer 5 minutes d’interruption de séance. 

 

Le patriarcat c’est aussi ça : proroger la loi du plus fort, et ne céder qu’en cas de duel entre mâles dominants. Enfin entre mâles de pouvoir et d’expérience, plutôt. 

 

5 minutes d’interruption de séance, donc, qui permettent d’ouvrir grand les fenêtres, de remettre en état les tables de l’opposition, d’éponger l’eau renversée. 

 

Au bout de 5 minutes il agite sa clochette pour faire revenir tout le monde, mais personne ne revient, c’est rigolo. Sa majorité est vachement indisciplinée quand même. Nous on était là. On dit ça, on dit rien, hein. 

 

12h20 : les votes ont commencé depuis quelques minutes déjà, mais on est déjà partis dans de longs débats avec beaucoup d’attaques de part et d’autre, en mélangeant allègrement municipal, départemental, régional et national.  

Bon, y’a encore des attaques minables de Briand sur Michèle, il cite une partie de sa phrase et il déforme complètement son propos, et il est fier de lui.  

Encore un an à tenir avec ce genre de comportement.  

 

2.6 : Après avoir fait une première tentative au moment des décisions du maire (ces trucs que le père-maire décide tout seul sans demander l’avis de personne) et s’être vue couper le micro, Caro prend la parole pour évoquer la situation de la LDH, qui se retrouve mise à la porte par la mairie de Toulouse. Elle demande si ce qui les gêne, ce sont les combats portés par la LDH, et rappelle que seules les communes d’extrême-droite refusent des locaux à cette association. 

 

12h45 : pause déjeuner jusqu’à 14h. On a traité 2 chapitres sur 35, il reste 154 délibérations. 

 

On reprend à 14h12 pour une heure de débats sur les bibliothèques et les subventions culture. Ça, c’est ce qu’a annoncé le père-maire. Nous, on avait demandé une demi-heure sur les bibliothèques (mais sur le côté RH), et 30 minutes sur les subventions aux acteurs culturels. 

 

Il décide quand même que ça sera fera comme ça, donc le chapitre 22 est présenté par De Lagoutine, puis Francis Grass présente la partie culture (chapitre 4). 

 

Conséquemment, intervention de Caro sur le traitement des agents et la brutalisation des relations avec eux/elles, accompagnée par Romain, Michèle, Isabelle… mais avec des sujets qui ne sont pas les mêmes, ça fait un gros gloubi-boulga. 

 

Au milieu des débats sur les bibliothèques, Agathe s’interroge au micro de « pourquoi c’est Francis Grass qui nous répond (mal) sur les bibliothèques, alors que ce n’est pas sa délégation, pourquoi ce n’est pas Samir Hajije ? » 

Et là Samir Hajije prend la parole, et d’un coup on comprend pourquoi c’est Francis Grass qui nous répond : le pauvre Samir Hajije est aphone, et fait l’effort de répondre (pas vraiment mieux que F. Grass d’ailleurs). 

 

15h22 : fin des débats, on passe aux délibérations du chapitre 22, on vote tout, puis on passe au chapitre 4 (culture) : c’est là qu’on va parler des baisses de subvention aux associations. 

 

Caro prend la parole pour parler de la confiance abimée avec le monde de la culture. Elle rappelle les baisses déjà subies sur le précédent mandat, et des exigences croissantes de la part de la majorité, et souligne que la culture reste la variable d’ajustement. 

 

Isabelle tente de faire comprendre que ça serait bien/intelligent/pertinent de réunir les différents acteurs culturels autour de la table pour construire collectivement un projet avant de voter le budget définitif en juin. 

Mais visiblement c’est un truc qu’ils n’envisagent même pas. 

 

Père-Maire Moudenc s’exprime dessus : il rappelle qu’entre 2008 et 2014 il était dans l’opposition, et que la majorité de Pierre Cohen organisait des assises.  

 

Il affirme fièrement que, eux, ils ne sont pas dans la mairie de la parlotte, mais dans l’action et la décision (comprendre. “si je vois chaque asso séparément, c’est beaucoup plus simple pour manier la carotte à acheter le silence – clientélisme – et le bâton à imposer le silence – brutalité et répression”) : on confirme qu’on a effectivement 2 visions différentes de la démocratie. 

 

15h57 : il lance les votes sur les subventions. On ne participe pas au vote, il glose « je vois que lorsque nous votons des financements pour la culture, vous ne votez pas pour ». Ça s’appelle de la manipulation, mais c’est coutumier. François Briançon lui fait remarquer, Moudenc demande si sa remarque nous a gêné ; on acquiesce, il répond qu’il est du coup très content de l’avoir faite. Nous, en vrai, on n’a effectivement pas voté pour : on n’a pas pris part au vote pour ne pas valider des choix opaques. Et il aime bien jouer avec ça, tout fier, tout bouffi de satisfaction de pouvoir arranger la vérité à sa sauce pour manipuler l’opinion. 

 

Niveau CM2, environ. 

 

Isabelle prend ensuite la parole pour dire qu’elle est fatiguée que chaque fois qu’il parle du mandat de Pierre Cohen (dont Isabelle était adjointe) il réécrive l’histoire : Moudenc en profite pour une petite remarque patriarcale en lui conseillant de parler de la délibération sinon elle n’aura plus de temps. 

 

Sur demande insistante d’Isabelle, on apprend au passage que le projet de cinéma multiplexe à Basso Cambo ne se fera pas, le candidat s’étant désisté pour raisons financières et au vu du contexte économique des salles de cinéma, soit à peu près ce que l’opposition leur dit depuis le début. 

 

Bon, ensuite il lance les votes rapidement et on doit aller voir les services pour repréciser nos votes : ça aussi ça fait partie de son jeu pour user l’opposition. 

 

C’est insidieux, mais totalement volontaire. 

 

16h50, on est en train de débattre des crèches : Laurence Katzenmayer fait remarquer qu’une crèche a été ouverte et inaugurée récemment, et qu’aucun membre de l’opposition n’était présent ni le conseil départemental : bah oui, excuse-nous d’avoir une activité professionnelle, en fait : des invitations à des cérémonies, des réceptions, des inaugurations, on en reçoit entre 5 et 10 par semaine : aller à toutes, c’est quasiment un boulot à mi-temps. N’empêche que la mairie est récemment devenue “autorité organisatrice de la petite enfance” et en profite pour faire basculer des crèches publiques du côté de crèches gérées par des entreprises privées alors qu’aucune garantie solide d’éviter les dérives mises en évidence partout sur le territoire (lire l’excellent dossier de Médiacités sur le sujet) n’est en place. 

 

17h, on arrive sur la fin de la première délibération du chapitre 9. On rappelle qu’il y a 35 chapitres. Mais en regardant les interventions prévues, il y en a peu sur les prochains chapitres, donc les votes devraient défiler. 

 

17h15, on est à la 17ème délibération du chapitre 12, et Agathe fait une intervention mordante et quelque peu ironique sur la carte “Toulouse +” pour bénéficier de réductions. Esplugas répond que ça va, quand même, 10 euros par personne pour un musée ça le fait. Agathe finit par s’énerver lors des échanges et rappelle que tout le monde ne gagne pas 4000 euros par mois, et que si, 10 euros par personne, pour certaines familles, c’est beaucoup et que ça crée une fracture de la culture en fonction des moyens. 

 

Ensuite on enfile les votes à toute allure, et à 17h35 on est au chapitre 21 : intervention de Maxime sur le logiciel libre, auquel la ville de Toulouse retire son financement. 

 

Tout ça pour économiser 2500 euros quand même, y’a pas de petites économies. 

 

Et pouf, nouvelle autoroute de votes, et à 17h41 on est au chapitre 29, et Jamal intervient sur la délibération de la fête des associations. 

 

17h43, fin des votes ! 

 

On va passer aux vœux. Mais ça sera pour une autre infolettre, parce qu’il y a beaucoup à dire là-dessus : il y avait beaucoup de vœux, dont un qui mérite qu’on passe du temps dessus parce qu’il induit une différenciation entre les éluEs, qui ne sont pas touTEs au même niveau pour la loi. 

 

À très vite…

Banderole de protestation, 27/03/25
Banderole de protestation, 27/03/25
vue de la salle des illustres, 27/03/25
vue de la salle des illustres, 27/03/25

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Aymeric Deheurles, Caroline Honvault, Agathe Roby, Jamal El Arch, Maxime Le Texier, éluEs AMC ville - Septembre 2024

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