Infolettre métropolitaine #11 : Récap Conseil du 23 juin 2022
Infolettre métropolitaine #11 : Récap Conseil du 23 juin 2022

Infolettre métropolitaine #11 : Récap Conseil du 23 juin 2022

photo : Élues et élus du Groupe AMC au Conseil de Toulouse Métropole du 23/06/2022 au MEETT. @LeandraDeutsch

« Bonjour à toutes et tous !

Après La journée commence dès le trajet, pour Maxime, Caroline, Aymeric et Ariane, l’une de nos collaboratrices, pour aller prendre le tramway qui nous amènera très lentement mais malgré tout sûrement vers le MEETT, cette splendeur architecturale, havre de béton au milieu de piteux champs. Ils notent en sortant du tramway l’ambition de l’architecte qui a prévu un immense parvis pour accueillir les hordes de passagers du tramway qui se rendent au MEETT. Autant dire que ça n’a jamais servi, vu que les gens viennent trop majoritairement en voiture.

Tout ce beau monde est donc réuni dans ce moche endroit qu’est le MEETT. Info amusante : ce n’était pas le lieu initialement prévu ; nous devions être convoqués dans la salle habituelle des conseils métropolitains, mais en fait y’a un truc qui s’appelle le COVID qui repart, et ils ont dû trouver au dernier moment une salle disponible assez grande, et paf le MEETT. Bon, ce qui marche pour le conseil métropolitain ne marche pas pour le conseil municipal, mais on en reparlera.

Donc on commence comme d’habitude avec les liminaires : d’abord Karine Traval-Michelet, puis Marc pour AMC, qui nous a fait un discours digne des Césars pendant une bonne partie, avec des remerciements à tout plein de gens concernant les législatives, et puis ensuite il a quand même parlé un peu de choses métropolitaines, en particulier la troisième ligne de métro. Puis les autres groupes se sont exprimés, et Sachounet pas brillant a répondu comme à son habitude en racontant à peu près n’importe quoi, et en prenant son jeu d’acteur pour défoncer tous les gens de l’opposition.

Ensuite on est partis pour une heure de débats sur les finances. Et ça a fini en show minable de Sachounet qui dit que Michèle Bleuse les a traités « tranquillou » (il l’a répété, il est comme Marc et tous les vieux, il aime bien répéter ses phrases, pour bien montrer qu’il en est fier) de criminels. Et il a enchaîné avec ses attaques à la noix, en disant que les vrais criminels, c’étaient les gens qui portaient la doxa écologique, et qu’ils nous mettaient à genoux face aux Russes qui attaquait l’Ukraine et qui seront en position dominante parce qu’on abandonne le nucléaire, bref tout un délire polico-droitiste classique.

On vote sur toutes les délibérations sur les budgets : les deux groupes AMC et TESC votent contre, les autres ne bronchent pas.  

Maxime fait ensuite une intervention, pour demander que toutes et tous les élu(e)s puissent participer au séminaire pour l’élaboration de la PPI, tout en citant à la fois Sergio Leone et Jean-Luc Moudenc, qui invitait nationalement à un travail collaboratif entre les élu(e)s, pour lui faire remarquer qu’on aimerait bien qu’il l’applique au niveau local.

Moudenc lui répond en déplorant une intervention de posture hors délibération. C’est dommage, hein, ça aurait été fantastique qu’il assume ses propos et se les applique enfin. Mais il est plus fort en discours qu’en acte ou en cohérence, on le sait déjà depuis un certain temps.
 
S’ensuivent les votes sur les délibérations d’administration, avec des compositions de commissions, des conventions, des subventions… Aymeric intervient sur une délibération qui propose de facturer les mobiliers urbains sur l’espace public quand ils affichent des pubs, et notamment les stations de vélos ; il en profite donc pour déborder du sujet et parler du projet de VAE (Vélo à assistance électrique) dans les vélo Toulouse, en soulignant que 75% de VAE dans les stations, ça risque de pénaliser celles des ceux qui utilisent les vélos pour leur faible coût (20 euros par an) alors que les VAE seront beaucoup plus chers ; il insiste aussi sur le fait qu’il existe des zones blanches dans Toulouse, des zones où aucune station n’est implantée, et où le message qu’on fait passer aux habitant(e)s est « vous ne méritez pas le vélo ». Et ça, ce n’est pas acceptable.

Le pire, c’est que toute cette réflexion sur l’évolution des Vélos Toulouse se fait hors commission, donc sans l’opposition, alors que nous aurions plein de questions et de propositions à faire. Mais non, tout se fait dans un entre-soi, et la majorité se contente ensuite de nous balancer les trucs tout prêt en commission puis en conseil, quand ça ne passe pas directement en bureau.

13h, heure de la pause déjeuner. Ben on a eu de l’osso bucco qui déchirait. Moment de détente où on peut papoter un peu entre nous et avec nos charmantes collaboratrices : l’occasion de remarquer que pas mal des nouvelles / nouveaux député(e)s sont d’ancien(ne)s collaboratrices / collaborateurs : on fond donc de gros espoirs sur Ariane, Circé et Léandra !

Après la pause déjeuner, on est entrés dans une longue période ronflante, où pas mal de délibérations ont été votées en lot, sans aucune intervention, avec que des votes « POUR ». Et puis on est arrivés à une délibération qui concernait le MEETT : c’était l’occasion ou jamais, étant donné que nous étions dans ce fabuleux écrin de béton dont nous avons pu admirer toute la laideur et surtout la capacité d’absorption et de restitution de chaleur ; Aymeric a donc fait une petite intervention légèrement moqueuse, qui n’a pas plu du tout à l’élu en charge qui a rouspété beaucoup contre ce paltoquet qui osait remettre en question la beauté, la rentabilité et l’attractivité de ce magnifique site.

On a ensuite parlé du Grand Matabiau avec Agathe ; Maxime a fait une pause dans ses négociations avec tous les groupes (on en reparlera plus tard, il a fait une séance de lobbying et relation publique fantastique) pour parler de la ZAC Malepère et de la Jonction Est en filant une métaphore drôle sur un garagiste (Moudenc) qui tente de refiler aux habitantes et habitants une vieille épave totalement désuète (la Jonction Est) : ça a fait moyennement rire not’bon président, on se demande bien pourquoi ; Marc a taclé l’hyper-lose d’Hyperloop, ce qui a déplu à la nouvelle députée Dominique Faure qui a sacrément bien défendu le fait qu’on file plein de fric à une société privée qui investit dans un truc qui ne décolle pas sans aucun retour pour la métropole : elle est forte quand même.

Caroline a parlé du Plan pauvreté : comment se fait-il que la convention soit reconduite à l’identique, alors qu’il y a eu une crise sanitaire, la guerre, et autres joyeusetés ? À croire que rien de tout ça n’a impacté les gens. Elle a aussi parlé du festival de Toulouse : un truc hyper ambitieux pensé dans la précipitation, sans concerter avec les acteurs culturels du territoire. Mais après tout, la concertation, c’est nul : ça fait perdre du temps, et en plus il faut écouter des gens qui ne pensent pas la même chose que les sachants, qui, eux, comme leur nom l’indique, sachent. Donc vu qu’ils sachent, et qu’ils sachent mieux que tout le monde, quel intérêt d’écouter des gens qui sachent différemment, je vous le demande un peu ?

Les interventions de Brigitte portaient sur l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. : elle pose une question sur le financement de l’orchestre par la ville pour le festival de Toulouse, financement qui n’avait pas été mentionné lors d’une première délibération ; suite à notre intervention en commission, un financement est magiquement apparu. Puis questionnement autour du rayonnement sur d’autres commune de la Métro de l’orchestre financé par la métropole. Elle a lancé une invitation auprès des élu(e)s métropolitain(e)s, délégué(e)s à la culture pour remettre en route une réflexion entamée en 2018 sur la politique culturelle métropolitaine, et en particulier sur le volet « la culture pour tous, à la rencontre des publics, au plus près de leur territoire ».
On pense que not’bon président va en avoir marre de l’Orchestre, avec tout ce qu’il s’est passé depuis quelques mois.

Et puis encore un long moment sans rien de bien intéressant, jusqu’à une prise de bec entre Odile et Mme Laigneau sur le jury citoyen constitué pour l’aménagement du quartier Paleficat, une des dernières zones maraichères de la ville que Moudenc veut bétonner, et prévoyant une densité de logements pas compatible avec l’enjeu écologique : Mme Laigneau veut faire croire qu’il y a eu une vraie concertation alors que le jury citoyen a refusé les 3 projets présentés. Odile avait précédemment taquiné un peu le président Moudenc sur ses accointances avec GL Events dont le président Moudenc n’arrivait bizarrement pas à obtenir qu’il fasse cesser les non conformités à l’accessibilité du MEETT signalées depuis des mois et qui mettent en danger aveugles et malvoyants.  

Toujours sur l’accessibilité, Odile a rappelé que les associations de personnes handicapées et de cyclistes s’opposent au choix fait pour l’aménagement de la place commerciale et du parvis du métro Bellefontaine qui prévoit de mélanger les flux piétons et cycles et des marches en sifflet illégales et dangereuses.  

Odile est aussi intervenue pour dénoncer l’argent mis dans la Silver Economie, vous savez l’économie qui fait du pognon sur les personnes âgées, au lieu de leur permettre de vieillir décemment chez elles avec tous les accompagnements nécessaires dans leur lieu de vie.  

Elle a aussi rappelé l’impérieuse nécessité que les aménagements ferroviaires du nord toulousain (AFNT) permettent la création de la gare de Lespinasse et la diamétralisation des circulations dans le cadre du projet de RER toulousain.  

Et puis on est arrivés aux délibérations sur les Ressources Humaines.

Toute la partie sur les RH, c’est toujours un régal, parce que c’est Henri de Lagoutine qui répond, et Riton, c’est un orateur hors pair : à côté de lui, Gérard Holtz où Thierry Roland font pâle figure, tant il arrive à mettre du suspense et de l’émotion dans sa voix pour faire vibrer les auditeurs qui boivent ses paroles et sont suspendus à ses lèvres.

En fait, en vrai, non, il est totalement soporifique. Ce mec, on lui demanderait de commenter la finale du 100 mètres, il arriverait à endormir tout le monde en moins de 10 secondes, plus vite que Usein Bolt.

Mais alors là, on a eu un événement : il s’est fâché tout rouge après l’intervention de Maxime.  

Hé ben croyez-le, croyez-le pas : ça n’a strictement RIEN changé à sa voix monocorde, c’était toujours aussi chiant. Il avait juste la figure un peu plus rouge sous sa couronne de cheveux épars. Par contre il était colère, hein : du coup il a balancé qu’on était l’extrême-gauche.
 
Une fois tout le monde assoupi par Riton des RH, on a pu passer à l’examen des vœux : il y en avait 4 présentés :  

– un par le groupe TMC (rien à voir avec la télé) sur le RER toulousain : plein d’amendements sont déposés, qui dénaturent un vœu qui n’était pourtant qu’une simple déclaration d’intérêt et une demande de publication des études. Le vœu est donc retiré : on se demande un peu de quoi a eu peur la majorité, mais visiblement elle a eu peur.

– un par le groupe socialiste sur les cantines, pour pouvoir faire appel plus facilement aux producteurs locaux : un amendement est proposé par la majorité qui l’accepte, le vœu est voté à l’unanimité

– un par la majorité sur l’évolution des valeurs locatives bla-bla-bla qui est un appel au niveau national pour changer des choses. C’est chiant, pas sûr que tout le monde ait compris, tout le monde vote pour.

– LE NÔTRE ! Le vœu pour lutter contre les Dark Kitchen. Alors il faut savoir que ce vœu, ça a fait beaucoup bouger les lignes : Maxime a passé toute la journée à papoter avec les représentants des autres groupes, qui sont tous plus ou moins ok pour voter le vœu tel quel, et puis la majorité qui cherche à poser un amendement pour dire que quand même, ils ont leur mot à dire, mais qui sont globalement d’accord quand même, mais ça les embêterait un peu que le vœu passe tel quel, voté par tous les groupes sauf par la majorité. Et au final, magie : tout le monde a réussi à se mettre d’accord. Maxime en profite pour remercier publiquement les collaborateurs pour tout le boulot qu’ils ont fourni. Même bébert Médina est resté, et est content, et même il salue lui aussi le travail collaboratif et le boulot des collaborateurs et finit même par un pouce en l’air à destination de Maxime. Souhaila Marty prend la parole pour minorer un peu les chiffres sur les scooters, histoire de dire que ça va, la majorité maîtrise le nombre de scooters, elle sait tenir sa ville. Mais au final tout le monde vote, et le vœu est adopté par tous les groupes : mémorable !

 
Alors habituellement, après les vœux, tout le monde range les affaires et se casse. Mais là non : on a une question écrite mais lue à l’oral (ouais, cherchez pas, c’est un concept : la différence avec une question orale, c’est que… bah, heu… bah rien en fait) de Thierry Duhamel, qui reparle du RER métropolitain et de la nécessité de mettre une gare à Lespinasse. Réponse de Jean-Michel Lattes pour dire que oui pourquoi pas peut-être. Jean-Luc Moudenc reprend la parole ensuite pour dire qu’il en a lui-même parlé à Carole Delga, et fait ensuite un SUPER JEU DE MOT en disant que le dossier est sur de bons RAILS ! TROP DRÔLE ! Vous l’avez ? Rails – RER ?

 
 

Et on termine par une question diverse : Antoine reprend la parole sur la ferme agro-urbaine des Pradettes et fait un récapitulatif factuel de tous les événements qui se sont succédés. La vente des terrains de la Dépêche, la signature avec Kauffman & Broad, la décision d’acter la construction d’un grand nombre de logements après le second tour des municipales 2008, donc après sa défaite ; l’annulation de cette décision par Pierre Cohen et le rachat des terrains, pour une décision de 30% de logements en moins et l’ajout des équipements publics promis au quartier. En 2014, Moudenc revient au pouvoir et baisse à nouveau le nombre de logements. Antoine suggère donc qu’on était légitimement en droit de penser qu’il pouvait changer une 4ème fois d’avis.

Moudenc répond qu’il le remercie de l’historique, mais qu’il y a une constante, c’est le manque de logements. Il repart sur sa constante de manque de budget. La différence, c’est que maintenant il parle de projet et non plus d’idée. Mais il maintient que la construction de logements va se faire, et rapidement en plus. Que lui, il est ouvert à des propositions d’autres sites pour une ferme, et que si on maintient ce projet à cet endroit, c’est pour s’opposer aux logements.  

Pas con, on va proposer de faire cette ferme de cœur de quartier à 5 kilomètres de là : ça paraît une bonne idée, on aurait pu y penser tous seuls, quand même. Niveau foutage de gueule, c’est très fort.

Sur ces bonnes paroles, le président Moudenc lève la séance. C’est le temps du retour, à nouveau en tramway pour Maxime, Caroline et Aymeric, qui embarquent dans un tramway totalement vide. Donc si d’autres élus sont repartis en tramway, ils ont été vachement discrets.

Voilà : rendez-vous le jeudi 20 octobre pour le prochain conseil métropolitain et de nouvelles aventures. « 

photo : Caroline Honvault, Maxime Le Texier et Aymeric Deheurles se rendant au Conseil de Toulouse Métropole du 23/06/2022 au MEETT. @ArianeLaude

Pour comprendre le fonctionnement du conseil Métropolitain nous vous avons proposé dans notre précédente infolettre citoyenne des infographies, n’hésitez pas à aller les consulter ! 👇

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